Nous voulons toujours comprendre.
Nous cherchons, nous mesurons, nous calculons.
Nous construisons des théories.
Nous avançons des hypothèses.
Nous écrivons des formules pour tenter de saisir ce qui nous dépasse.
Pas mal pour des primates.
Nous sommes capables de regarder une étoile, une cellule, un atome, une galaxie, et de nous demander :
Pourquoi ?
Comment ?
Depuis quand ?
Jusqu’où ?
Pourquoi ? Pourquoi ?
Mais à force de vouloir tout comprendre, j’ai fini par ressentir une fatigue étrange.
Comme si chaque mystère devait forcément être démonté.
Comme si chaque vertige devait être transformé en équation.
Comme si l’émerveillement n’était qu’une étape provisoire avant l’explication.
Alors qu’en réalité, nous sommes nous-mêmes issus de ce que j’appelle le chaos créateur.
La matière qui compose nos corps est ancienne.
Une partie de nos atomes a été forgée bien avant notre naissance, dans des générations d’étoiles qui ont vécu, brûlé, explosé, puis dispersé leur matière dans l’Univers.
Et aujourd’hui, cette matière pense.
Elle regarde le ciel.
Elle s’interroge sur son origine.
Elle s’émerveille.
Je trouve cela presque plus vertigineux que n’importe quelle formule.
Nous sommes une partie de l’Univers devenue capable de contempler l’Univers.
Et peut-être que, parfois, cela suffit.
J’ai passé beaucoup de temps à vouloir comprendre comment tout fonctionne.
Aujourd’hui, j’ai envie de laisser une place à autre chose.
Pas à l’ignorance.
Pas au rejet de la science.
Mais au mystère.
À cette part de l’Univers que je peux observer sans immédiatement vouloir la disséquer.
À cette sensation étrange qui apparaît lorsque je regarde la Lune, un ciel étoilé, une nébuleuse, et que mon premier réflexe n’est plus de demander comment cela fonctionne.
Juste dire » Waw c’est magnifique ! » Et d’en rester là, juste contempler, rien d’autre.
Simplement de ressentir.
Pendant longtemps, mon esprit cartésien voulait une réponse à chaque question.
Aujourd’hui, j’accepte qu’il existe aussi une beauté dans ce qui reste ouvert.
Je continuerai à chercher.
Je continuerai à apprendre.
Mais je ne veux plus que la connaissance étouffe l’émerveillement.
Parfois, je veux simplement lever les yeux vers le ciel, et laisser l’Univers rester mystérieux.
Au fil des échanges