Je vois les saisons comme une mécanique ancienne qui recommence sans jamais demander notre avis.
Le printemps rouvre les fissures.
L’été chauffe et brûle le monde jusqu’à l’épuisement.
Puis l’automne arrive.
Et l’air change.
Les chemins se couvrent de ce qui s’est détaché.
Les arbres ressemblent à des corps qui se délestent lentement de ce qu’ils ne peuvent plus garder, pour survivre, pour préserver leur essence vitale.
J’aime cette saison pour ça.
Elle montre la perte.
Elle montre ce que les autres saisons cachent.
Pas comme une tragédie.
Comme un mouvement nécessaire.
Puis l’hiver vient refermer les portes.
Le paysage semble vidé de sa peau.
Et pourtant, quelque chose continue sous la surface.
Pas la promesse d’une renaissance assurée.
Juste une tension silencieuse.
C’est peut-être ça qui me fascine.
Rien ne reste intact.
Rien ne revient vraiment identique.
Rien ne disparaît vraiment.
Tout change de forme.
Comme un serpent qui se mord la queue.
Il tourne.
Il dévore.
Il recommence.
Et nous, au milieu, on appelle ça le temps.
© Nocturnal Oath •
Au fil des échanges