Il existe des forces que l’on nous apprend à craindre simplement parce qu’elles refusent d’obéir.
Lilith est de celles-là.
Mais pas destructrice au sens où on l’entend trop facilement.
Sa noirceur n’est pas le néant.
Elle est la main qui arrache les voiles.
La présence qui pousse à regarder en face ce que l’on enfouissait.
La force qui brise les chaînes quand l’âme étouffe depuis trop longtemps dans ses propres donjons.
La force qui chasse la brume de mon chemin.
Et c’est précisément pour cela qu’elle libère.
Elle me pousse à traverser l’ombre, à reconnaître mes entraves, à sentir ce qui en moi réclame encore l’espace, la vérité.
Lilith n’est pas pour moi une simple obscurité. Ni une ombre malsaine.
Elle est une force sombre libératrice.
Une présence qui ne me sauve pas à ma place, mais qui me rappelle que les portes de ma prison n’étaient ni sacrées, ni indestructibles.
Et qu’elles pouvaient être ouvertes.
Brisées.
Mais ces portes ne plient que sous ma propre volonté.
Elle ne le fera pas pour moi.
Elle me montre le chemin.
Elle me pousse à regarder mes chaînes en face.
Elle me rappelle que la sortie existe.
Mais c’est à moi d’arracher les verrous.
À moi de faire céder le métal.
À moi de franchir le seuil.
Et c’est peut-être là que réside sa véritable force.
Pas dans le fait de me sauver.
Dans le fait de me rappeler que je peux encore me libérer moi-même.
De suivre mon chemin.
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